Club des rats de biblio-net


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Citations - Lire

J'ai toujours pensé que les écrivains, il vaut mieux les lire et les connaître de loin, surtout pas personnellement, car on va au-devant de terribles désillusions.

(Reinaldo Arenas, Avant la nuit)

Qui viendra défaire ma bibliothèque quand j'aurai quitté ce monde? Je ne lui en veux surtout pas. Qu'il sache que j'ai trouvé dans la fréquentation des livres un incommensurable réconfort.

(Gilles Archambault, Un après-midi de septembre)

Donc, j'étais le type même du "rat de bibliothèque". Ceux qui ne connaissent pas ce penchant doivent trouver bizarre qu'on ait sans cesse le nez plongé dans un bouquin, qu'on ne voit pas passer la vie avec toutes ses merveilles, qu'on gaspille ses années de jeunesse insouciante sans profiter de ses joies et de la dépense physique. Ils y discernent sans doute quelque chose de triste, voire de tragique, ils se demandent ce qui peut bien pousser un gamin à se comporter ainsi. Mais on ne voit les merveilles de la vie que quand on est heureux; l'insouciance ne va de pair qu'avec le bonheur; et les joies de la pensée, de l'imagination, sont bien supérieures à celles des muscles et de l'effort. Laissez-moi vous dire, si vous ne le savez pas par expérience, que certaines personnes (moi, par exemple) trouvent dans un bon livre, dans l'immersion dans les mots et les idées, un bonheur d'une intensité insoupçonnée. Quand je veux invoquer des souvenirs de paix, de sérénité, de plaisir, je repense à ces paresseux après-midi d'été, je me revois en équilibre sur ma chaise, un livre sur les genoux; j'entends encore le bruissement des pages tournées tout doucement. Peut-être ai-je connu, à d'autres époques de ma vie, de plus hauts sommets d'extase, de grands moments de soulagement ou de triomphe, mais sur le chapitre du bonheur tranquille, paisible, je n'ai jamais rien vécu de comparable.

(Isaac Asimov, Moi, Asimov)

La lecture était ma liberté et mon réconfort, ma consolation, mon stimulant favori : lire pour le pur plaisir de lire, pour ce beau calme qui vous entoure quand vous entendez dans votre tête résonner les mots d'un auteur.

(Paul Auster, Brooklyn Follies)

Les phrases lues tournent en moi des jours entiers, cherchant une tanière chaude où s'installer pour y faire des petits. Ce livre m'ensemence. Je ne le dévorerai pas, sans rien en garder, comme je l'ai fait de tant d'autres, autrefois.

(Aude, Cet imperceptible mouvement)

Les phrases lues tournent en moi des jours entiers, cherchant une tanière chaude où s'installer pour y faire des petits. Ce livre m'ensemence. Je ne le dévorerai pas, sans rien en garder, comme je l'ai fait de tant d'autres, autrefois.

(Aude, Cet imperceptible mouvement)

Quel que soit le nombre de pages qu'il a lues, l'homme studieux ne doit jamais oublier qu'il n'a pas encore atteint la toute première page.

(Lévi Yitzhak de Berditchev)

Lire, c'est aller à la rencontre d'une chose qui va exister.

Mes livres ne sont pas des livres, mais des feuilles détachées et tombées presque au hasard sur la route de ma vie.

(Chateaubriand)

Il faut être inventeur pour bien lire.

(Ralph Waldo Emerson)

Je crois que la vie a besoin des livres, dit Esther, je crois que la vie ne suffit pas.

(Alice Ferney, Grâce et dénuement)

Elle lut comme jamais elle ne l'avait fait, même pour ses garçons : elle lut comme si cela pouvait tout changer.

(Alice Ferney, Grâce et dénuement)

Elle lut avec de la tendresse pour eux et de la foi dans les histoires.

(Alice Ferney, Grâce et dénuement)

Lisez pour vivre.

Lire ce que d'autres hommes ont pensé peut nous aider à former notre propre jugement sur la vie.

(Jostein Gaardner, Le livre de Sophie)

X. soutient que le bon romancier doit, avant de commencer son livre, savoir comment ce livre finira. Pour moi, qui laisse aller le mien à l'aventure, je considère que la vie ne nous propose jamais rien qui, tout autant qu'un aboutissement, ne puisse être considéré comme un nouveau point de départ.

(André Gide, Les Faux-Monnayeurs)

Je ne savais pas que toucher un livre pouvait donner tant de joie.

(Hélène Hanff, 84, Charing Cross Road)

J'en suis réduite à écrire des notes interminables dans les marges de livres qui ne sont même pas à moi mais à la bibliothèque. Un jour ou l'autre ils s'apercevront que c'est moi qui ai fait le coup et me retireront ma carte.

(Hélène Hanff, 84, Charing Cross Road)

J'adore les dédicaces sur les pages de garde et les notes dans les marges, j'aime ce sentiment de camaraderie qu'on éprouve à tourner les pages que quelqu'un d'autre a déjà tournées, à lire les passages sur lesquels quelqu'un, disparu depuis longtemps, attire mon attention.

(Hélène Hanff, 84, Charing Cross Road)

Mais pourquoi donc des gens qui n'auraient jamais l'idée de voler quelque chose d'autre trouvent-ils tout naturel de voler des livres?

(Hélène Hanff, 84, Charing Cross Road)

Quand on lit les romans historiques de Harvey Allen et de Walter Edmonds, la fiction de Erskine Caldwell et toute l'oeuvre de Sherwood Anderson, l'écrivain préféré de son père, le monde s'agrandit avant de rétrécir de nouveau lorsqu'il faut franchir la porte de l'école...

(Jim Harrison, L'été où il faillit mourir)

C'est une tâche ardue de transmuer la sensation en langage, écrit ou parlé et de la transmettre sans l'affadir au lecteur ou à l'auditeur.

(Jack London, Martin Eden)

Je lis de vieux livres parce que les pages tournées de nombreuses fois et marquées par les doigts ont plus de poids pour les yeux, parce que chaque exemplaire d'un livre peut appartenir à plusieurs vies.

(Erri De Luca, Trois chevaux, p.20)

Si moi aussi je suis un autre, c'est parce que les livres, plus que les années et les voyages, changent les hommes. Après bien des pages, on finit par apprendre une variante, un geste différent que celui commis et cru inévitable.

(De Luca, Erri, Trois Chevaux, Éd. Gallimard, 2001, p. 118.)

Les livres devraient rester sans surveillance dans les endroits publics pour se déplacer avec les passants qui les emporteraient un moment avec eux, puis ils devraient mourir comme eux, usés par les malheurs, contaminés, noyés en tombant d'un pont avec les suicidés, fourrés dans un poêle l'hiver, déchirés par les enfants pour en faire des petits bateaux, bref ils devraient mourir n'importe comment sauf d'ennui et de propriété privée, condamnés à vie à l'étagère.

(Erri De Luca, Trois chevaux, p.20)

Je ne crois pas aux écrivains, mais à leurs histoires.

(Erri De Luca, Trois chevaux, p.53)

Sans doute est-ce une erreur que de voir dans l'intrigue, dans la recherche du criminel, l'essentiel du roman policier. Limitée à elle-même, l'intrigue serait de l'ordre du jeu d'échecs - artistiquement nulle. Son importance vient de ce qu'elle est le moyen le plus efficace de traduire un fait éthique ou poétique dans toute son intensité. Elle vaut par ce qu'elle multiplie.

Face à un texte, le lecteur peut transformer les mots en message qui résout pour lui une question sans rapport historique avec le texte ni avec son auteur. Cette transmigration du sens peut enrichir ou appauvrir le texte; invariablement, la situation du lecteur déteint sur le texte. Par ignorance, par conviction, par intelligence, par ruse et tricherie, par illumination, le lecteur récrit le texte avec les mots de l'original mais sous un autre en-tête, il le recrée, en quelque sorte, du simple fait de lui donner une existence.

(Alberto Manguel, Une histoire de la lecture, p.250)

Les moralistes médiévaux débattaient avec fureur des bienfaits de l'éducation pour les filles. L'aristocrate Philippe de Novare trouvait peu convenable que l'on enseigne aux filles la lecture et l'écriture (sauf si elles voulaient devenir nonnes) car c'était leur offrir la possibilité, lorsqu'elles seraient grandes, d'écrire ou de recevoir des missives amoureuses. Selon le chevalier de La Tour Landry, les filles devaient apprendre à lire afin d'étudier la vraie foi et de se protéger des périls qui menaçaient leurs âmes. Les filles nées dans des familles riches étaient souvent envoyées à l'école pour y apprendre à lire et à écrire, en général afin de se préparer au couvent.

(Alberto Manguel, Une histoire de la lecture, p.95)

Tous sont des lecteurs, et leurs gestes, leur savoir-faire, le plaisir, la responsabilité et le pouvoir que leur procure la lecture, sont également les miens.

(Alberto Manguel, Une histoire de la lecture)

Dis-moi ce que tu lis, je te dirai qui tu es, il est vrai, mais je te connaîtrai mieux si tu me dis ce que tu relis.

(François Mauriac, Mémoires intérieures)

Il faisait très chaud dans cette librairie immense, démesurée, et malgré cela, encombrée de livres. Ça débordait de partout. Il y avait quelque chose d'insensé dans une telle pléthore de textes inutiles, de mots, d'idées qui ne pouvaient rien changer à la misère de Rose Tremblée, qui ne calmeraient jamais les angoisses de François, ou son propre désarroi. Et lui qui voulait écrire un livre, un de plus! C'était absurde.

(Francine Noël, Maryse)

La lecture est une félicité qui se mérite.

(Émile Ollivier, La discorde aux cent voix)

Elle commença le récit, sachant déjà qu'elle émergerait plus tard de ce livre avec l'impression d'une plongée dans la vie d'autres êtres, dans des intrigues qui remontaient jusqu'à vingt ans en arrière; son corps serait rempli de phrases et d'instants, comme si elle s'éveillait, lourde de rêves dont elle ne pouvait se souvenir.

(Michael Ondaatje, Le patient anglais)

Lisez-le lentement, ma chère enfant, Kipling se lit lentement. Guettez attentivement les virgules et vous découvrirez les pauses naturelles. C'est un écrivain qui utilisait une plume et de l'encre. Comme la plupart des écrivains qui vivent seuls, il devait souvent lever le nez de la page, laisser son regard errer par la fenêtre tout en écoutant les oiseaux. Certains ignorent le nom des oiseaux, ce n'était pas son cas. Votre oeil est trop rapide, trop nord-américain. Pensez à la vitesse de sa plume. Sinon, ce bon vieux premier paragraphe vous paraîtra horriblement ampoulé.

(Michael Ondaatje, Le patient anglais)

Il me semble que les écrivains traités comme des coqs en pâte ont tendance à s'amollir et à se corrompre. Ils écrivent de moins en moins bien à mesure que leur indice de confort augmente. La célébrité, les émissions de télévisions, les interviews leur montent à la tête, et ils préfèrent passer leur temps à commenter leurs oeuvres plutôt qu'à en produire de nouvelles. Pas étonnant qu'un nombre d'entre eux finissent par n'écrire que des navets ou ne plus écrire du tout.

(Chung Ook, L'expérience interdite)

Un jour, sur une plage, j'ai aperçu un nudiste béatement plongé dans la lecture de Playboy. Le bon lecteur pourrait ressembler à cet homme : il devrait toujours se tenir au-dedans et ne jamais rester à l'extérieur.

(Amoz Oz, L'histoire commence, Éd. Calmann-Lévy)

...faire désordre, pour que l'on se souvienne de ne pas plaisanter avec la littérature et que la vie n'est pas un pique-nique.

(Amoz Oz, L'histoire commence, Éd. Calmann-Lévy)

L'apprentissage de la lecture au ralenti: le plaisir de la lecture, tout comme n'importe quel divertissement d'ailleurs, doit se savourer lentement, à petites gorgées.

(Amoz Oz, L'histoire commence, Éd. Calmann-Lévy)

Mais c'est plus quotidiennement, le refuge du livre contre le crépitement de la pluie, le silencieux éblouissement des pages contre la cadence du métro, le roman planqué dans le tiroir de la secrétaire, la petite lecture du prof quand planchent ses élèves, et l'élève de fond de classe lisant en douce, en attendant de rendre copie blanche.

(Daniel Pennac, Comme un roman)

À propos des élèves n'aimant pas lire: Une seule condition à cette réconciliation avec la lecture: ne rien demander en échange. Absolument rien. Reste à "comprendre" que les livres n'ont pas été écrits pour que mon fils, ma fille, la jeunesse les commentent, mais pour que, si le coeur leur en dit, ils les lisent.

(Daniel Pennac, Comme un roman)

Dès que se pose la question du temps de lire, c'est que l'envie n'y est pas. La question n'est pas de savoir si j'ai le temps de lire ou pas (temps que personne, d'ailleurs ne me donnera), mais si je m'offre ou non le bonheur d'être lecteur.

(Daniel Pennac, Comme un roman)

Un bon livre c'est quand on a envie de tourner les pages pour connaître la fin de l'histoire et qu'on se retient de le faire par crainte de rater les qualités de l'écriture.

(Jacques Poulin, Les yeux bleus de Mistassini)

Je pensais que si j'avais découvert tout un univers dans un seul livre au sein de cette nécropole infinie, des dizaines de milliers resteraient inexplorés, à jamais oubliés. Je me sentis entouré de millions de pages abandonnées, d'univers et d'âmes sans maître, qui restaient plongés dans un océan de ténèbres pendant que le monde qui palpitait au dehors perdait la mémoire sans s'en rendre dompte, jour après jour, se croyant plus sage à mesure qu'il oubliait.

(Carlos Ruiz Zafon, L'ombre du vent)

J'ai appris à écrire, et bougrement bien. Des oiseaux et des trucs dans ce goût-là; pas seulement de l'écriture des mots.

(John Steinbeck, Les raisins de la colère)

Les livres sont faits pour être lus, c'est pour cela qu'on les prête, qu'ils continuent leur chemin et que l'on ne vous les rende jamais. Ils doivent circuler et ne doivent pas rester inertes.

(August Strindberg, Le couronnement de l'édifice

Je ne m'occupe pas de littérature, mais je suis obsédé par l'écriture, et à part faire l'amour, faire du jardinage limité et mener des conversations tumultueuses en pays étrangers, la lecture de beaux textes qui illuminent les recoins de l'existence, est mon plus grand plaisir, car des activités de ce genre donnent la sensation vertigineuse de la brièveté de la vie et nous aident à voir.

(Göran Tunström, Partir en hiver

Dire aux gens ce qu'il faut lire est en général inutile ou nuisible, car la véritable appréciation de la littérature est une question de tempérament et ne s'enseigne pas.

(Oscar Wilde, Pall Mall Gazette)

Il n'existe pas de livre moral ou de livre immoral. Un livre est bien écrit ou mal écrit, un point, c'est tout.

Quand nous lisons ces petites histoires à propos de rien, nous sentons notre horizon s'élargir, notre âme atteindre une étonnante impression de liberté.

Le véritable lieu de naissance est celui où l'on a porté pour la première fois un coup d'oeil intelligent sur soi-même: mes premières patries ont été les livres.

(Marguerite Yourcenar, Mémoires d'Hadrien)










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