La maison sans racines
(Flammarion, 1992, 248 pages)
L'histoire se passe au Liban. Passages incessants entre présent et
passé, souvenirs et réalités. Une grand-mère, aux
lointaines origines libanaises, résidant à Paris, fait la
connaissance de sa petite-fille américaine lors d'un voyage-rencontre
initiatique à Beyrouth, sur les traces de leurs ancêtres. Les
souvenirs affluent, la belle époque, le temps de la paix, des familles
décousues et opulentes, des palais et des fastes, des premières
amours... Aujourd'hui, c'est la guerre, la mort vous attend à chaque coin de
rue. Elle ne vous abandonnera pas. Jamais.
C'est un roman poignant, fort. Une simple traversée de place, à la
rencontre d'un corps inanimé, 250 mètres à parcourir sous
l'oeil d'un tireur embusqué prêt à vous descendre,
s'étale sur des pages et des pages, découpée en tranches de
vie et de mort. On a l'impression d'effectuer ce parcours dangereux à la
place de l'héroïne, le souffle court, le coeur battant. Le subtil
ballet entre passé et présent nous permet de comprendre les
personnages, de les aimer, de les imaginer hier pour mieux les voir évoluer
aujourd'hui. La fin est douloureusement triste, on espère jusqu'au bout
qu'il n'en sera rien mais au fond de soi, on sait déjà qu'on n'en
sortira pas indemne.
Merveilleux moment lecture.
Note : 4/5
(Sahkti)
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