Aujourd'hui Cendrars part au Brésil
(Fayard, 2003, 379 pages)
(par Jérôme Michaud-Larivière)
Blaise Cendrars s'est rendu à plusieurs reprises au Brésil dès
1924. S'embarquant à bord du Formose, il décide de laisser
derrière lui la littérature et de partir à l'aventure, de fuir
une réalité étriquée aux profits d'horizons plus
ouverts. Le Brésil sera une révélation, la
réconciliation entre Cendrars et la littérature, entre l'auteur et le
monde. Cendrars reviendra transformé, dynamisé, rempli d'enthousiasme
et d'inspiration, comme en témoigne "L'or", rédigé en un peu
plus d'un mois après son premier retour brésilien.
Le Brésil, si présent dans l'oeuvre de Blaise Cendrars, un tournant
important que l'on retrouve au fil des pages de "Feuilles de route", de "Le
Lotissement du ciel" ou "Trop c'est trop".
Le Brésil de Cendrars, c'est un pays vivant, des gens tantôt durs
tantôt chaleureux (les deux ne sont pas inconciliables), l'amitié avec
Paulo Prado, les promenades dans Sao Paulo, la banlieue de Copacabana et de Rio, le
Minas Gerais et sa terre rouge (voir le texte de Cendrars "La vie est dangereuse").
Les périples brésiliens de Cendrars ne sont peut-être pas les plus
connus, ils ont en tout cas fortement marqué Jérôme
Michaud-Larivière qui livre ici un véritable coup de coeur en forme
de récit de voyage. Sur les traces de l'auteur, se glissant dans sa peau,
il nous raconte ses mois brésiliens, pense à la place de Cendrars,
restitue les lieux et les personnages. C'est un bel hommage, un riche voyage qui
nous permet de retrouver les émotions de Cendrars, de les comprendre. Tout
en parcourant le Brésil, Michaud-Larivière explore l'oeuvre de
Cendrars, établit des parallèles, de manière efficace, on
imagine aisément Cendrars déambulant au Brésil, à la
recherche de lui-même et à la découverte d'un pays qui le
bouleversera.
Note : 4/5
(Sahkti)
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