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Emmanuel Carrère

La Moustache
(Gallimard/Poche, 1987, 182 pages)

C'est l'histoire d'un homme qui après cinq ans de mariage demande à sa femme si elle croit que sans moustache il serait beau. Alors il coupe sa moustache mais sa femme Agnès ne semble pas le remarquer, ni leurs amis d'ailleurs. Lorsqu'il l'interroge elle lui dit qu'il n'a jamais eu de moustache, fait étrange mais qui est loin d'être le premier. Une suite d'incidents étranges qualifie la vie de cet homme, il ira de surprise en surprise avec cette histoire de moustache...

Tout au long du livre on ne peut que se demander: "mais comment va se terminer cette histoire???" Mauvaise blague ou absurdité? vous le saurez en le lisant. :))

Bonne lecture!

Note : 4.5/5
(Dytal)
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C'est un roman extrêmement intéressant et surtout troublant parce qu'on est confronté à la perte d'identité d'un personnage. On ne peut, en tant que lecteur, différencier le vrai du faux et on se retrouve complètement perdu, tout comme le personnage. On se glisse dans sa peau et on est entraîné par son délire paranoïaque.

C'est difficile de refermer le livre une fois qu'il est commencé, puisqu'on veut toujours connaître la suite et savoir comment il se sortira de cette histoire. À mon sens la fin est assez surprenante et peut-être même pas assez élaborée, mais je n'en dis pas plus.

Succulent comme roman, si vous avez aimé L'adversaire d'Emmanuel Carrère, La moustache vous enchantera.

Note : 4.2/5
(Marycaillou, 20 ans, Montréal/Canada)

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Le héros du roman a un petit rituel. Chaque soir, il se rase soigeusement dans son bain, et soigne sa moustache. Un soir, par jeu, avant de rejoindre des amis pour dîner, il propose à Agnès, sa femme de la raser. Profitant de sa brève absence, il joint le geste à la parole, mais son épouse n'a aucune réaction quant à sa nouvelle apparence. Le couple d'amis non plus. Notre héros pense d'abord que c'est par jeu qu'ils font mine de rien remarquer. Au retour de la soirée, souhaitant abréger la plaisanterie, les explications sont de mise... et laisse notre héros pantois: il n'a jamais porté la moustache!!!

Quand son épouse est confrontée à ses doutes, un dilemne se présente: est-il fou de s'être pensé moustachu, ou est-ce elle la malade qui ne vit pas dans la réalité? Il va alors se poser des questions, passant de la condition de victime d'une blague de mauvais goût à un total désarroi quant à son identité. Et c'est une véritable escalade dans la paranoïa qui commence.

Encore un roman impossible à lâcher!!! Si l'écriture présente parfois des tournures un peu ampoulées, qui gênent parfois la fluidité de la lecture, cela reste un formidable récit où on vit complètement les troubles intérieurs de notre héros, l'auteur nous manipulant à loisir pour nous faire douter, nous aussi. Un ultime rebondissement, et une fin qui m'a laissé le coeur battant... Un roman qui marque!

Note : 4.5/5
(Nirvana)

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Petit livre à l'histoire fascinante : un homme qui réalise que personne ne s'aperçoit du fait qu'il s'est rasé la moustache qu'il porte depuis plus de dix ans, pas même la femme qui partage sa vie. Le résumé est un appât si alléchant qu'il est impossible pour le lecteur de ne pas succomber à la tentation de lire ce livre.

C'est une plongée dans l'esprit tourmenté du personnage principal, qui n'est pas nommé une seule fois. Qui a raison, qui a tort? Est-ce un complot de sa femme, une vaste plaisanterie à laquelle tous ses amis et collègues auraient été mêlés? Ou bien cette moustache dont il est le seul à avoir le souvenir est le symptôme précurseur de sa folie? Le lecteur est ballotté d'un côté et de l'autre, par les remous de la narration. Il ne sait que croire : s'il s'agit d'un délire du narrateur qui dégénère en sentiment de persécution ou bien de sa femme qui cherche à se débarrasser de lui. Le style de l'auteur est simple et épuré, le livre se lit facilement. La tension monte d'un cran et nous serre la gorge lorsque des pans de la vie du narrateur – qu'il était persuadé d'être réels – tombent, comme cette moustache qu'il a rasée. La fin nous laisse avec plus de questions que de réponses, avec cette étrange fuite solitaire à Hong Kong, mais "La moustache" est assurément une lecture singulière que l'on ne peut oublier.

Note : 4.75/5
(Docguillaume)
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Il décide un jour de raser sa moustache, qu'il porte depuis 10 ans, par jeu. Personne ne semble s'en apercevoir, ni sa femme, ni ses amis, ni ses collègues de l'agence où il travaille... Il commence à douter, à imaginer divers scénarios. Il traverse une violente crise identitaire. Ce "il" n'est jamais nommé mais nous le suivons dans tous ses mouvements au cours du récit.

C'est un livre qu'il est difficile de lâcher en cours de route, on a envie de comprendre, de voir jusqu'où cette crise va aller. Captivant, donc. L'écriture est particulière, beaucoup de phrases longues, certaines que j'ai du relire pour être sûre d'en comprendre la structure, avant de finalement m'habituer à la récurrence de cette forme. Quelques fautes de frappe dans la version poche (Folio) m'ont irritée (je suis sensible à cet aspect des choses!).

La fin est ce qu'elle est, plonge le lecteur dans la perplexité mais en effet comment pourrait-il en être autrement?

Note : 4.5/5
(Ysla)







La moustache,
L'adversaire,
La classe de neige

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