L'Autre
(Les Allusifs, 2002, 104 pages)
Ce roman se déroule dans un petit village de pêcheurs de l'île grecque
de Léros. Vivre près de la mer pousse Thomas évidemment à
devenir marin. Malheureusement pour lui, à 16 ans, il perd une jambe à cause
d'un obus oublié par l'armée britannique lors de la Deuxième Guerre
mondiale. Son rêve s'achève ainsi que prend fin l'amour d'Olga, qui se
détourne de son handicap. Il ne lui reste plus qu'à l'oublier et à
trouver un métier à sa mesure. On peut le voir, assis devant son paradis
perdu, en train de réparer des filets de pêche. C'est devenu son gagne-pain
alors qu'il ressasse ce qu'aurait été sa vie si le destin s'en était
pas mieux occupé. Mince consolation. La tenancière d'un bar le prend en
affection et lui prodigue un amour plus ou moins assidu entre deux demandes
d'assouvissements charnels. Mieux ça que rien du tout quand on est devenu un
handicapé, ce que l'on ne manque pas de souligner en le baptisant, sans malice,
le "Tripodis", l'homme à trois pieds: une jambe et deux béquilles.
Devenu une curiosité touristique pour ceux qui visitent l'île, il prend son mal
en patience quand, un jour, un voilier vient mouiller devant le port. Qui en descend? Un
sosie qui porte son nom. Le retour de Martin Guerre. L'homme qui lui a volé ses
rêves et qui lui réclame ce qui lui reste pour l'anéantir à tout
jamais. La confrontation est hallucinante comme une légende qui vient expliquer le
destin des hommes, qui se moque bien de leurs ambitions et de leurs amours. Comme son
île tour à tour envahie par les Turcs, les Italiens, les Allemands, les
Britanniques, Thomas subit l'assaut d'un envahisseur, qui lui dispute son identité.
Une vraie tragédie grecque pour nous avertir, dans une langue belle, que les
dés sont pipés. Plus les yeux scrutent l'horizon, moins l'avenir s'annonce
prometteur. Pour la petite île qui a défrayé la convoitise des grands de
ce monde, voilà qu'elle doit s'apprêter à assouvir celle des Colonels.
C'est une roue qui ne connaît pas de jours fériés.
Note : 5/5
(Polo)
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"L'Autre" se déroule dans un petit village de pêcheurs de l'île grecque
de Léros. À cause d'indices comme l'occupation d'une partie de l'île par
les Turcs, je me suis demandée s'il ne s'agissait pas de Chypre mais je n'ai pu trouver
réponse à ma question...
Donc, Thomas habite l'île depuis toujours et souhaite devenir marin. Mais son père
meurt et sa mère tombe malade. En plus, les occupants de la 2e guerre ont laissé
des mines qui empêchent la population de subvenir à ses besoins. À cause
d'une grenade, Thomas perd une jambe. Cela le détruit au point de lui faire renoncer à
son amour et même à sa dignité, croyant que personne ne peut l'aimer il
devient solitaire, accepte de devenir une curiosité touristique et qu'on l'appelle
"Tripodis" (une jambe et 2 béquilles). Heureusement, La Bionda finit par réussir
à l'apprivoiser. Un amour qui lui convient, bien qu'elle ne soit pas un grand amour.
Mais Olga, son grand amour de jeunesse, auquel il a renoncé, revient à
Lérios en compagnie de L'Autre, un homme qui lui ressemble comme deux gouttes d'eau, qui
porte le même nom et qui semble même avoir pris son identité. Ils sont
venus pour vendre la maison de Thomas, celle de sa mère qu'ils affirment posséder...
"L'Autre" est un roman déroutant. Déroutant par tous les non-dit qu'il
comporte. Déroutant par l'ambiance propre au lieu. Déroutant par la
détresse contenue de Thomas. Mais surtout, déroutant par sa finale, une finale
qui laisse la porte ouverte à plusieurs conclusions et que je ne suis pas certaine
d'avoir tout à fait comprise...
Malgré, ce défaut j'ai adoré ma lecture, j'ai été
happée par l'histoire. J'ai eu beaucoup de sympathie pour cet homme que le destin a
brisé et qui a achevé sa vie quasiment seul, ne parvenant pas à accepter
son handicap. Une lecture qui fait réfléchir et qui montre un auteur avec un
style intéressant. Ce n'est sûrement pas mon dernier livre de cet écrivain.
Note : 4/5
(Frisette)
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