Journal d'Aran et d'autres lieux
(Payot, 2001)
Avant un récent pèlerinage irlandais, ce texte de Bouvier appartenait
déjà à la rubrique "favoris". Après, c'est... comment
dire... une révélation, une appréciation à leur juste
valeur des mots de Bouvier, de son talent pour raconter les ambiances et les
paysages en quelques mots, par quelques phrases bien pesées qui disent tout
dans une subtile économie de langage.
"La route bute contre un mur qu'on escalade : derrière, c'est une
infinité de croix de pierre grise, moussues, couchées,
dressées, plantées tout de guingois dans une herbe d'un vert
indicible. A l'ouest, le pré jonché de tombes descend vers une tour
munie d'une seule ouverture à quatre mètres du sol et qui a la forme
d'un crayon."
Quelques lignes et tout est dit, admirable résumé de paysages qui
composent l'Irlande, de ces vestiges que l'on découvre un peu partout dans
le pays (et pas uniquement dans un Glendalough devenu trop touristique).
Tout le texte est de cette richesse d'imagination. Nicolas Bouvier n'a pas besoin
d'en faire trop avec les mots, ils parlent d'eux-mêmes comme si sa plume
remplaçait les mots par des dessins et des photos.
Ce "Journal d'Aran", journal de bord de quelques jours passés en 1985
à Clon-mac-Noïse pour un reportage, est dans ce sens une merveille. On
sent le vent, le froid, la chaleur des habitants, la présence des moutons,
on devine le désarroi de Bouvier (fiévreux, grelottant, se demandant
ce qu'il fabrique dans cet endroit oublié du monde) et son attirance
grandissante pour ce coin de terre désolé et séduisant
à la fois. Au fur et à mesure des jours passés à Aran,
on se laisse conquérir par l'endroit, on le parcourt à pied en
compagnie de Bouvier, on y est, on y vit et on finit, comme lui, par tomber
amoureux de ce petit bout du monde.
C'est humain, c'est beau, bien plus qu'un simple récit de voyage
classique.
Note : 5/5
(Sahkti)
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Ecrits en trois parties qui nous emmènent tout d'abord aux îles
d'Aran, à l'ouest de l'Irlande, puis en Corée avec "Les chemins de
Halla San", pour finir avec "Xian", très court récit d'un séjour
en Chine.
Eh bien, je crois que je deviens accro à Nicolas Bouvier, en tout cas, j'ai
très envie de lire toute son oeuvre. Cet auteur a un talent extrême, de par
une écriture réellement "magique" (et tellement belle) à
plonger son lecteur dans l'ambiance du pays, du moment. A chaque fois que je le
lis, je suis transportée dans son "ailleurs" et j'en ressens toutes les
sensations : odeurs, couleurs, chaleur ou froid, plénitude ou moral en
berne, mauvaise humeur, apaisement ou tension...
Aux îles d'Aran en plein hiver, ce sont le vert et le gris qui dominent ces
îles quasi désertes battues par les grands vents, où il
déambule à pied malgré la fièvre à la rencontre
de chapelles en ruines, de cimetières celtiques et de rares et rustiques
habitants. En Corée, plein d'anecdotes, de rencontres, d'impressions et une
tentative d'escalade du volcan de l'île Chedju non réussie, mais tout
de même très riche. Et Xian nous décrit une belle rencontre
avec un guide chinois auquel l'auteur rend un bel hommage.
Trop courts ces récits. J'ai tourné la dernière page, un rien
frustrée. Heureusement j'ai d'autres livres de cet auteur à lire.
Note : 4,5/5
(Chantal)
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