Le poisson-scorpion
(Gallimard/folio, 1996, 172 pages)
Le livre: c'est le récit d'un séjour solitaire dans
l'île de Ceylan, où l'auteur arrivé sans le sou et
affaibli fait lentement naufrage, enlisé dans la solitude et la
maladie, frolé par la folie.
Le poisson-scorpion a reçu le prix de la critique en 1982,
puis le prix Schiller en 1983.
Mon avis: L'île de Ceylan est certainement un paradis pour la flore
et les insectes, mais m'apparaît plutôt comme un enfer pour les
hommes: chaleur et humidité, mousson et pauvreté, et une
atmosphère de magie noire qui enrobe tout!
L'écriture est somptueuse, précise et savante tout en
étant poètique, un régal. Ce récit est plein
d'humour, de sagesse et d'espoir.
Un excellent livre, meilleur à mon avis que L'usage du monde que
j'avais beaucoup aimé il y a quelques années.
Note : 5/5
(Nimbus)
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Nicolas Bouvier, après avoir voyagé pendant deux ans, entre autres dans la
péninsule indienne, "passe" sur l'île de Ceylan, pour rejoindre un couple
d'amis malheuseument déjà repartis pour l'Europe. Le voilà bloqué sur
cette île, à Galle, faute d'argent pour rejoindre le Japon et poursuivre
son voyage. Malade de la typhoïde, il va vivre là plusieurs mois, au
milieu des "petites bêtes" très variées et très nombreuses qui peuplent sa
chambre...
Le lecteur est plongé dans une atmosphère nauséeuse
d'humidité, de chaleur moite où l'écrivain vit et se
noie dans sa solitude, où il part à la recherche de
lui-même, de son intériorité, frôlant souvent la
folie. On sent son mal de vivre dans son humour et son approche ironique
des Cyngalais. L'écriture qui m'a surprise au début mais à laquelle je me suis
vite habituée, peut être à la fois familière ou
très poétique. Pour lui aussi, c'est le voyage, non pas pour
"se garnir comme un arbre de Noël d'images et d'odeurs", mais pour se
découvrir soi-même.
Note : 4/5
(Chantal)
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