L'agence Kavongo
(Alire, 270 pages, 2007)
Résumé : Lucien Dubuc est détective privé.
Amené à voyager partout dans le monde pour ses enquêtes,
ça en fait la couverture idéale pour son autre métier : tueur
à gages. Assisté de son pas toujours fiable et constant
associé Mamadou, Lucien mène sa barque depuis le Kavongo, petit pays
d'Afrique relativement stable. On lui confie un jour un contrat qui concerne un
jeune garçon de 10 ans... Ce qui finit par réveiller en lui quelque
chose d'inconnu. Son contrat suivant l'amène en Colombie et là,
trace de son passé, il retrouve son premier amour... qui risque bien de
devenir son prochain contrat!
Critique : Plus que l'histoire, qui est somme toute assez simple, c'est le ton de
la narration qui rend ce livre si intéressant. On s'attache au personnage
principal même s'il est un meurtrier pratiquement sans âme et un
violeur de surcroît. Athé convaincu, il prend la vie comme elle vient
et fait son travail avec un professionnalisme et un méthodisme presque
sadique, mais il ne fait pas souffrir pour rien. Ses relations avec
Dorothée, mère supérieure d'une petite communauté
perdue dans le fond de la jungle colombienne, parfait antagonisme de ce qu'il est,
sont surprenantes, mais entre ces deux êtres autant à l'opposé
l'un de l'autre, c'est pourtant un véritable amour qui existe, amour datant
de leur adolescence et qui a su perduré malgré l'éloignement
et les années.
J'ai parfois rit à m'en plier en deux tellement
certaines descriptions de situation sont tordantes. L'auteur a le don de
décrire les lieux comme si on y était, sans toutefois faire tomber
tout cela dans la lourdeur. On voit tout à travers l'oeil blasé de
Lucien Dubuc pour qui une marée de criquets se transforme sous nos yeux en
une flasque visqueuse et verte tellement écoeurante que l'on en vient
à partager son opinion sur la chose. Il y a aussi les paysages de l'Afrique
et son peuple (même si le Kavongo est un pays fictif) que l'auteur
décrit magnifiquement, nous rendant vivant ce qui est trop souvent des
images de cartes postales. On en vient à les comprendre et à les
apprécier un peu plus et à partager l'amour de Lucien Dubuc pour sa
patrie d'adoption, même s'il passe son temps à râler contre tout ce
qui se passe dans ce pays et contre les habitudes parfois bizarres de ses
habitants. La scène où il se promène dans un taxi que le chauffeur
dit "flambant neuf!" malgré un pare-choc qui tient avec du fil de fer, des
portières rouillées jusqu'aux fenêtres et des essuie-glaces
qu'il active à la main est tout simplement désopilante.
Je ne considère pas ce livre comme un thriller, mais tout de même, c'est un
très bon livre, un livre détente, où l'on est pas trop assis
sur le bout de sa chaise, mais qui offre un excellent moment de détente.
Note : 4/5
(Profgéo)
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