Ouf!
(L.G.F./Le livre de poche, 2004, 187 pages)
Denise Bombardier a entrepris un travail qui couvre toutes les périodes de la vie
d'une femme. Avec Une enfance à l'eau bénite, elle s'attachait au sort de
l'adolescente et de la jeune Québécoise élevées dans le respect
de la religion catholique. D'oeuvre en oeuvre, elle est parvenue à la
quinquagénaire que Ouf!, son dernier roman, présente avec humour et ironie.
Pour cette oeuvre, l'auteure a dépoussiéré son écriture soutenue
pour lui conférer un ton plus cool, qui convient mieux à une
héroïne qui côtoie des intimes avec qui elle partage ses
préoccupations. Elle le fait avec une honnêteté des plus louable, sans
pudeur au risque de dévoiler sa vulnérabilité.
Denise Bombardier trace le portrait de cette battante, qui, pour entreprendre le dernier
droit de sa vie, se retrouve divorcée avec deux jumeaux de 18 ans sur les bras. Comme
le thème n'est pas nouveau, elle l'aborde en tirant toutes les ficelles qui pourraient
rendre son traitement plus vivant. Elle recourt à la dérision, à
l'humour, au cynisme même, pour le situer dans une perspective plutôt
réconfortante pour la femme, victime d'abandon et victime du temps qui laisse des
rides et des bourrelets au ventre et aux hanches. Ce n'est pas une oeuvre féministe.
Les hommes sont les bienvenus dans cet univers de femmes - au pluriel - car il s'agit bien
d'une galerie féminine que l'auteure présente.
Jeanne, l'héroïne, a quatre amies de son âge. Toutes vivent sa situation.
Elles sont à la recherche de la perle rare, qui les comblera affectivement et
sexuellement. Elles ne cherchent pas un pourvoyeur, car leurs professions les mettent à
l'abri des contraintes pécuniaires. Elles se soutiennent dans leurs démarches
et ne se privent pour se conseiller au risque de s'égratigner au passage. Leur amitié
résiste aux phrases assassines qu'elles glissent parfois dans leurs discussions.
Chacune a ses convictions. La juive exige la circoncision, l'autre cherche le
prétendant zen et l'autre carbure à l'exotisme. Et Jeanne se moque de toutes
les tendances. C'est un tableau assez complet des exigences de la femme bourgeoise à
l'égard des hommes. Mais les lois du coeur font fi de leur rigueur.
C'est une oeuvre juste, mais échevelée. Ça part dans toutes les
directions, mais les chemins mènent tous à Rome malgré des
détours fastidieux pour le lecteur. Pour ne pas s'apitoyer sur le sort de la femme
abandonnée, l'auteure a recours à une écriture légère,
qui, à l'examen, se révèle plus corrosive qu'il n'y paraît. Ceux
qui ont des préoccupations sociales resteront peut-être insensibles à
la misère de ces bourgeoises indépendantes contrairement à celles qui
n'ont comme héritage après une séparation que la mendicité telle
qu'illustrée par Gueusaille de Lise Demers.
Note : 4/5
(Polo)
**********
Jeanne d'Arc à 50 ans et est séparée, elle a deux grands jumeaux adultes à
sa charge. Elle essaie de refaire sa vie, pas évident. Elle rencontre Rachid
mais au départ elle ne veut le montrer à personne encore moins à ses
enfants. Elle a bien de la difficulté avec sa fille qui a tout un caractère et
qui manipule sa mère comme elle veut, tandis que son garçon alors là
c'est différent quel ange... Un beau jour, elle n'est vraiment pas dans son assiette,
Rachid l'appelle et voyant son état décide d'aller la voir. Mais que
décidera-t-elle au juste? Comment ses enfants vont prendre ça, surtout sa
fille?
Alors voilà j'ai bien aimé ce livre. Pourquoi je ne lui donne pas 5/5 parce
que l'héroïne à 50 ans, j'en ai 30, peut pas m'identifier à elle.
Bonne lecture à vous tous et toutes.
Note : 4/5
(Mimi)
**********
Mouais. Je viens de le finir, et franchement j'ai eu du mal. Certains passages sont sympas,
c'est pas mal écrit, mais c'est fade. Aussitôt refermé, aussitôt
oublié. Ça n'a pas l'humour de Bridget Jones, et puis aussi la cinquantaine me
paraît encore loin...
Note : 2.5/5
(Cuné)
**********
J'ai beaucoup aimé. Je l'ai lu en une seule journée et ma grande déception
va à la fin. J'avais l'impression de faire partie de sa vie à Jeanne, je m'y suis
attachée et je ne voulais pas me faire jeter aussi rapidement!
Le style de Denise Bombardier est humoristique et très égal, en ce sens que le
récit coule bien. Ça m'a surprise. Je suis loin de la cinquantaine, mais je n'ai
eu aucun mal à ressentir la solitude de Jeanne, la jalousie de sa fille, les remarques
acerbes entre enfants et parents, le poids du vieillissement, la douleur d'une
séparation, la peur de l'engagement, de l'abandon... C'est un beau portrait social,
léger mais très agréable à lire et criant de vérité.
J'ai bien envie de lire autre chose de madame Bombardier!
Note : 4/5
(Crystabel)
**********
Je n'ai pas accroché du tout. Comment éprouver de l'empathie ou même une
simple reconnaissance pour la protagoniste, cette vieille féministe de 50
ans, divorcée, mère de deux ados dont une fille plutôt
farouche et un fils hippie, qui pleure son ex-mari et ses cheveux blancs,
qui fréquente des femmes toutes aussi hurluberlues les unes que les
autres et qui est incapable d'un véritable travail d'introspection alors que
professionnellement, elle vit les beaux jours, le succès d'une
publicitaire mondaine? Les personnages sont trop typés, il n'y a
aucune nuance et notre "héroïne" n'évolue aucunement.
Superficiel et plutôt raté, je dis.
Note : 2/5
(MarieProze)
|