La musique du père (10-18, 2001, 425 pages)
Tracey est jeune, libre et mène une vie dissolue au rythme de la nuit, elle s'étourdit, danse à perdre haleine et goûte même à l'ecstasy, elle s'enivre pour oublier son enfance et son adolescence douloureuse, son père musicien qui l'a abandonnée et sa mère folle qu'elle vient d'enterrer. Le jour où elle rencontre Luke, un Irlandais plus âgé qu'elle et marié, homme tendre et brutal qui semble-t-il ne la rencontre que pour le sexe et l'emmène à Dublin pour enterrer son frère abattu par la pègre irlandaise. Ce sera une descente aux enfers mais aussi la recherche de ce père violoneux qui la fait revenir à un passé traumatisant qui est sans doute la cause de son désordre intérieur.
Mon commentaire : Très dur par le thème abordé car violent, sombre et angoissant, j'ai lu ce livre en entier mais je ne pense pas lire encore cet auteur malgré le style parfois lyrique.
Note : 3/5
(Lalyre)
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Un roman où l'auteur nous décrit le monde urbain sous un jour peu flatteur et qui s'inquiète de la montée de la drogue dans Dublin. "Cette ville est devenue infernale avec ses petits branleurs qui se la jouent parce qu'ils ont une Armalite dans la main et une capote pleine d'héroïne dans le cul." Il dénonce les politiques "Tout état digne de ce nom aurait mis ces truands en taule depuis longtemps."
Tracey est une jeune anglo-irlandaise vivant à Londres. Elle n'est pas trop bien (c'est le moins que l'on puisse dire) dans son corps et dans sa tête. Sa mère est morte, son père reparti en Irlande quand elle était bébé et elle vient de quitter ses grands-parents chez qui elle vivait. Un soir elle rencontre Luke, un Irlandais plus âgé qu'elle, alors commence une liaison pour le moins compliquée, il est marié et peu regardant sur les principes.
Mais qui est vraiment Luke, un commerçant établi à Londres ou un truand dublinois qui se sert de son affaire pour un trafic de drogue? D'ailleurs un de ses frères s'est fait abattre en Irlande. Un être au pouvoir de persuasion infini, un menteur patenté? Pourtant il l'aidera à chercher son père, musicien itinérant dans le Donegal.
C'est aussi un hommage à la musique irlandaise en la personne de Proinsias Mac Suibhne père de Tracey, parcourant la campagne, son violon sous le manteau, jouant dans les pubs pour les gens des environs. Ces mêmes spectateurs qui égareront volontairement dans les montagnes une équipe de la télévision venue pour filmer ces concerts. On sent chez Bolger la crainte que "l'âme et la culture irlandaise" cède le pas à une société matérialiste. Cela donne un roman âpre, mi-policier, mi-social avec ce regard sur ce qu'est devenu le Dublin contemporain, où l'argent envahit tout. "La ville s'autodétruira quand les gangs s'entretueront".
Note : 4.5/5
(Eireann)
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