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Gérard Bessette

Le libraire
(Édition originale: Julliard, 1960, 173 p. Réédité en 1993 par la maison d'Éditions Pierre Tisseyre.)

C'est l'histoire d'un libraire qui s'exile dans une petite ville et vend des livres à l'index. Tout tourne autour de cette descente bien bas dans la société québécoise sous le joug de Duplessis. C'est un petit livre de rien du tout alors pour passer deux heures en bonne compagnie: Le libraire!

Note : 4/5
(Dytal)
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Sujet : Le Québec de la "grande noirceur"

Gérard Bessette est un écrivain porté à l'abstraction. Il a réussi cependant avec son roman "Le Libraire" à combiner habilement son penchant à la fiction. Sans tomber dans le réquisitoire pour dénoncer les pouvoirs occultes dont les Québécois étaient victimes, surtout au plan sexuel et culturel, l'auteur a su réduire sa démonstration à un personnage, Hervé, pour qui il est impossible de pactiser avec les gardiens de la rectitude, regroupés souvent en associations secrètes comme l'Ordre de Jacques-Cartier, qui se posait en ardent défenseur du peuple canadien-français.

Le héros est un employé d'une librairie dans une petite ville de province alors que la lecture est considérée comme un acte suspect par les élites religieuses et politiques. Elle est étroitement surveillée par une censure officielle comme l'Index et par celle, officieuse, des différents pouvoirs. Pour veiller au respect des interdits, les autorités se fient à la vigilance des curés. Ce contexte opprime Hervé. Faisant fi des anathèmes, il vend des livres condamnés, mais conservés dans un capharnaüm secret. La nouvelle se répand vite malgré la confidentialité qui entoure les ventes. Le héros mène aussi son combat contre les tabous sexuels. Il profite de sa propriétaire, bien consentante, non pas par amour pour elle, mais pour le plaisir de prouver sa virilité dans la plus grande indifférence aux normes admises.

L'auteur a bien saisi le Québec d'avant 1960. Son petit chef-d'oeuvre milite éloquemment en faveur d'une libéralisation pour sortir de ses ornières une société coulée dans une chape de ciment avec ses interdits étouffants. L'auteur a donné à son propos la forme d'une longue nouvelle au dénouement inattendu. Il l'a fait avec une simplicité et une efficacité teintée d'ironie pour que son oeuvre n'accroisse pas, j'imagine, l'inventaire des capharnaüms secrets.

Note : 4/5
(Polo)
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Gérard Bessette est bien connu Outre-Atlantique: 1961 "Le libraire" obtient le prix du grand jury des lettres, 1965 le prix du gouverneur général pour "L'incubation", et en 1972 pour "Le cycle". Docteur es lettres, il a enseigné dans plusieurs universités, notamment à Kingston (Ontario).

Voyons l'histoire: Le narrateur vient de se faire virer de son poste de répétiteur chez les Bons Pères. Il doit donc quitter Montréal pour devenir employé de librairie dans une bourgade de province, Saint-Joachim. Dans un magasin d'images pieuses et de livres saints, qui prête aussi - à la sauvette, des "livres à ne pas mettre entre toutes les mains". Notre narrateur qui pratique une indifférence tranquille aux "valeurs" établies, et ne se soucie guère d'avoir bonne ou mauvaise réputation, oppose à toutes les bien-pensantes pressions un immobilisme hiératique. Il pratique aussi une stratégie d'évitement qui n'a rien à envier aux savants sophismes des Jésuites.

Ses discours contournés sont un vrai régal pour les amateurs d'une langue de bois employée à rebours. Finalement l'hypocrisie ambiante et ses manèges contraignent le partisan du moindre effort à solliciter son imagination. 143 pages où le langage est à la fête.

Note : 4/5
(Rotko, Nantes/France)
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Après avoir perdu son emploi un homme quitte Montréal pour aller exercer le métier de libraire à Saint-Joachin. Il est confronté à l'esprit bien-pensant de la campagne et surtout à l'Église qui encore dans les années soixante au Québec faisait office de conscience sociale.

Une lecture des plus agréable et quel humour pince-sans-rire! De plus Gérard Bessette a une fort jolie plume. Le personnage principal est très bien campé, un homme taciturne, caustique, cynique, désabusé qui nous fait rigoler tout au long. C'est un roman écrit dans les années 60, faut alors le situer dans son contexte, à l'époque les écrivains contestaient les valeurs du passé et tentaient de rebâtir un nouveau Québec, Bessette pour sa part s'en prend ici au clergé.

Je vous le recommande vivement, un court roman qu'on lit en une soirée. Gérard Bessette a laissé sa trace dans la littérature québécoise dans la période de la révolution tranquille, pour un Québécois c'est un auteur incontournable et les lecteurs d'ailleurs vont certainement avoir du plaisir à découvrir le Québec des années soixante avec la plume truculante de Gérard Bessette.

Note : 4/5
(Mousseline)
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Hervé, ancien employé d'un collège classique (professeur?), est à la recherche non-active d'un emploi. Il trouvera son compte dans une librairie de Saint-Joachim où le propriétaire mène un autre genre de commerce...

Un petit livre très amusant par son écriture et ses dialogues. Les répliques de Hervé sont parfois tordantes. On peut vraiment s'imaginer cet homme blasé, paresseux, désillusionné qui ne s'animera qu'à une seule reprise, lorsque qu'il "affrontera" monsieur le Curé.

Au Québec, nous connaissons sans doute tous quelqu'un qui est passé par le Collège Classique et nous avons sûrement entendu parler des fameux livres à l'Index. En ce qui me concerne, c'est mon père qui a fait sa scolarité dans un tel collège et il m'a souvent parlé des manoeuvres des jeunes pour se procurer ces livres et des conséquences s'ils se faisaient pincer. C'est parfois dur à croire que ce n'était qu'il y a un peu plus de quarante ans. Ce petit livre m'a plongé dans cet univers pendant quelques pages.

Quelques répliques tordantes :

"Et, après tout, parler de mes clients ou d'autre chose, c'est du pareil au même. Pourvu qu'ils soient absents, c'est le principal". (p. 32)

À quelqu'un qui lui demande s'il pense que les Joachinois ont un parler spécial: "J'ajoutai toutefois que j'étais fort mauvais juge en cette matière, attendu que j'écoutais toujours le moins possible ce que les gens me disaient." (p. 55)

À monsieur le Curé: "Je m'empressai alors de le féliciter de jouir quand même d'une si bonne vue à un âge où la plupart des gens sont impotents. Mon compliment le laissa froid." (p. 70)

Relatant une conversation avec une collègue: "Elle savait trop bien, précisa-t-elle, à quoi on s'exposait quelquefois en vendant des livres. Il fallait être un étranger sans expérience comme moi pour accepter un poste si dangereux." (p. 116)

Note : 4/5
(Mélodie)
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Un petit bijou!

Hervé Jodoin est un être taciturne, placide, et très pince-sans-rire. La vie le place comme libraire dans une petite ville du Québec, à une époque où les livres à l'index sont légions, et la vie rythmée par le clergé. Il aura maille à partir avec ce dernier, et saura se venger de son patron par trop cupide...

C'est fou comme un tout petit livre, qui date un peu pourtant, peut se révéler un vrai baume pour l'esprit. Tout ici est fin, spirituel, bien évoqué, ça se lit tout seul et on s'amuse vraiment...

A lire!

Note : 4.5/5
(Cuné)

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