Sous le règne de Bone
(Actes Sud/Babel, 1999)
Bone, c'est un adolescent de quatorze ans qui fait les quatre cents coups: vol, drogue...
Il n'est pas méchant juste qu'il essaie de survivre. Il est parti de la maison
familiale où ce n'était pas très rigolo. Il a d'abord vécu parmi un
gang de motards, ensuite il a passé quelques mois dans la maison de campagne de
riches américains, évidemment à l'insu des proprios. Avec une
petite fille, qu'il a sauvé des mains d'un vieux pervers, il a passé les plus
beaux mois de sa vie dans un vieil autobus scolaire abandonné où il s'est lié
avec un vieux sage rasta jamaïcain. C'est la vie à la dure!
L'histoire se déroule à Plattsburgh et dans les environs.
Et puis on file avec Bone en Jamaïque et là on découvre la vie des
rastas et les adorateurs de Bob Marley et de reggae, passionnant!
Russell Banks décrit très bien ses personnages, il nous fait
découvrir le côté sombre de la société
américaine et ce à travers un adolescent auquel on s'attache grandement.
C'est la vie de Bone mais ça pourrait être aussi la vie de n'importe quel
autre adolescent qu'on voit trainer dans les rues. Russell Banks nous permet d'entrer
dans ce monde de paumés et c'est très très intéressant.
Le seul hic... la traduction à la française qui parfois est
dérangeante, qui ne reflète pas toujours la société
américaine.
Mais peu importe, j'ai beaucoup, beaucoup aimé ce roman!
Note : 5/5
(Mousseline)
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On le suivrait jusqu'au bout du monde le petit Chappie alias Bone. Certes, il n'agit
pas dans la légalité la plus absolue mais c'est un personnage
attachant et fascinant. Quant à ses rencontres avec des personnages des plus
tordus au plus mystique, elles sont de vrais délices. De ses 14 ans à ses 15
ans, Bone aura eu le temps de franchir le passage vers l'âge adulte et de se
tourner vers la maturité. Un roman initiatique, merveilleux servi par une
très belle écriture. On ne s'ennuie jamais sur les routes avec
Bone.
Russell Banks c'est l'auteur qui va continuer à me faire plaisir avec ses
oeuvres que je n'ai pas encore lues. Je constate que je ne suis pas la seule pour
qui le charme a agi et cela me fait bien plaisir. Allez encore plein de livres
à mettre dans ma LAL (soupirs résignés).
Note : 5/5
(Chimère)
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Il avait tout pour me plaire ce livre : un genre de livre (excusez les emprunts
anglais) "coming of age" et "road trip" : Bone, 14 ans, jeune délinquant pas
trop méchant, essaie de survivre et d'échapper à sa vie de
famille misérable. Des événements l'obligeront à
quitter son patelin pour, tout d'abord, aller se cacher (et tout bousiller en
passant) dans une maison de campagne; ensuite, il vivra dans un bus
abandonné (le fameux bus de "Des beaux lendemains") avec un vieux rasta
qu'il accompagnera par la suite en Jamaïque. Là-bas, Bone se
retrouvera, retrouvera sa valeur perdue il y a bien longtemps. Il
découvrira aussi les côtés plus sombres des gens qu'il
idéalise, et acceptera ainsi mieux les siens.
Un livre très touchant. Malgré tous les problèmes de Bone,
tous ses mauvais coups, on ne le déteste pas et on ne le plaint pas. On veut
seulement qu'il s'en sorte, même si cela veut dire qu'il doive
désobéir à la loi parfois. Au fil des pages, on sera
témoins de son "éveil" alors qu'il prendra conscience de son
être, de sa vie, et qu'il cheminera (et en arrachera) pour bâtir son
propre système de valeurs, sa propre éthique.
C'était le tout premier Russell Banks que je lisais et certainement pas le
dernier. J'ai adoré les personnages (même les vilains étaient
tellement bien décrits) et l'histoire, qui bouge beaucoup, n'était
jamais ennuyante. Banks aurait pu étirer la sauce et nous donner 100 pages
de plus, mais il en est resté au minimum, au nécessaire et il n'y a
rien de superflu dans ce livre.
Note : 4.5/5 (faut que je me garde une petite gêne
pour mes prochaines lectures)
(Mélodie)
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Ce roman fut pour moi une découverte sur l'enfance abandonnée dans
ces grandes villes, j'ai eu peine à imaginer cela et pourtant ce livre est
criant de vérité mais heureusement il y a aussi de l'humour, mais
souvent j'ai eu envie de dire à Bone... "Allez vas-y, prouves-leur que tu
vaux mieux qu'eux!!!"
Note : 5/5
(Lalyre)
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C'est le deuxième roman de Russell Banks que je lis.
J'aime toujours autant cet auteur. Cette manière de partager les
émotions du personnage et de le suivre dans son évolution est
très bien menée. Le parcours de Bone m'a intéressée car
il est, je pense, celui de nombreux jeunes.
J'ai apprécié le clin d'oeil aux "Beaux lendemains".
Néanmoins, un cinquième du livre m'a ennuyée.
A partir du moment où Bone arrive en Jamaïque et s'initie à la
culture rasta. Tout un passage un peu "carte postale" de la vie là-bas, pour
les noirs, pour les blancs... un peu surfait.
La fin du roman est encore une fois ouverte.
J'ai aimé l'évolution de ce garçon pour qui les limites du
bien et du mal ne sont pas définies mais qui reste capable de
générosité, de tendresse.
Ce roman m'a souvent fait penser au "Temps de la colère" de Tawny O'Dell
qui racontait aussi un moment de la vie d'un jeune garçon en souffrance.
Note : 3.5/5
(Odilette)
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Un adolescent à problème Chapie Dorset accumule les petits actes de
délinquance et quitte le domicile parental pour vivre d'expédients
avec de jeunes loubards. Partagé entre le bien et le mal Chapie
décide de devenir Bone, changer d'identité lui permettra, pense-t'il,
de prendre un nouveau départ et il quitte sa ville, et se lance sur une
route qui le mène après maints périples jusqu'en Jamaïque.
Avec ce livre lu peu après celui de Richard Russo, c'est encore l'image de
la gentille famille américaine qui vole en éclat. Est-ce
représentatif des jeunes élevés au sein de familles
déshéritées, de celles pour qui le Rêve américain a des
allures de cauchemar?
Il semble qu'il y ait beaucoup d'éléments autobiographiques dans ces
deux romans qui détaillent le malaise d'adolescents perturbés par la
pauvreté et les carences de leur cellule familiale. Mais à
coté de celle de Bone, la famille de Ned (dans "Quatre saison à
Mohawk") est "une famille idéale", car dans la vie de Bone il y a un secret
sordide qui explique son comportement.
J'ai aimé dans ces deux romans que le langage des héros ne soient pas
faussement le langage de jeunes garçons (en général ce
stratagème m'horripile), sauf parfois dans les dialogues.
Il y a dans "Sous le Règne de Bone" des coïncidences qui sont un
peu "grosses ficelles".
Et l'impression désespérante que cet adolescent, qui ne peut se
rattacher à rien, aura du mal à s'en sortir.
Ce roman m'a fait penser à ce livre dont je vous ai parlé :
"La petite voix du coeur" de Billie Letts. Où là c'est une toute
jeune fille qui est paumée et abandonnée par sa famille et son
copain, livrée à elle-même dans un milieu hostile. Dans ce
dernier roman cependant, il y a autour d'elle des personnages chaleureux qui la
réconfortent et la prennent sous leurs ailes. Dans le livre de Russell
Banks, le héros n'a personne, c'est certainement beaucoup plus
réaliste mais j'aime aussi me dire que le pire n'est pas toujours
inéluctable.
Note : 3.8/5
(Zeta_b)
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"Sous le règne de Bone" est dans le style du grand roman américain, avec son personnage principal
Bone, adolescent aux multiples percings, à la coupe indienne et au tatouage d'os. J'ai adoré ce
côté noir, glauque, cette plongée dans les bas-quartiers, entre squats, repaires de motards
accros et bus abandonné sur un terrain vague. Je me suis régalé des pérégrinations de
Bone, de ses petits trafics, du squat d'une villa de riche.
Malheureusement, les cent dernières pages qui se déroulent à la Jamaïque m'ont beaucoup
lassé. Je me demande pourquoi l'auteur s'est égaré à nous raconter ce passage, si
loin du début du roman. Cet exposé de la culture de la ganja, de sa cueillette et de sa revente
m'a paru navrant, tout comme lorsque Bone s'intègre à la jet-set locale. Cela ne m'a pas
semblé pertinent pour le livre qui du coup trouve un final très décevant. Dommage, car ce
roman me semblait d'une grande maîtrise tant que l'action demeurait sur le territoire des Etats-Unis.
Note : 3.25/5
(Docguillaume)
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Un roman de formation percutant! Un style incisif et clair qui n'épargne pas quelques scènes
très explicites sur la violence, la drogue et le sexe, un langage parfois un peu trop "des rues" pour
moi mais qui, vue l'histoire, est parfaitement adapté. Les pensées des personnages sont très
bien explicitées. Malgré le côté crû du récit, le style est entraînant,
agréable et parfois drôle aussi; il m'a plu dès les premières lignes et m'a plus
intéressée que l'histoire en elle-même. Non pas qu'elle soit inintéressante mais
j'avoue que le personnage principal, Bone, m'a souvent agacée – probablement parce qu'il ne me ressemble
pas du tout. J'avais envie de le secouer et lui demander le pourquoi de ces actes... Mais en même temps,
je suppose, que c'est la preuve d'un roman réussi et en refermant le livre, j'étais assez
étonnée de l'avoir lu si vite!
J'ai bien aimé le thème de la spiritualité et le côté "sur la route" qui m'a
donné envie de relire Kerouac, de même que l'histoire des Etats-Unis et de la Jamaïque.
"[...] mon existence est devenue intéressante, disons, l'été de mes quatorze ans.
J'étais à fond dans la fumette et comme j'avais pas d'argent pour m'acheter de l'herbe je me suis
mis à fouiner tout le temps dans la maison pour dénicher des trucs à vendre – mais il n'y
avait pas grand-chose. [...] Ma mère et Ken avaient des boulots minables et ne possédaient rien
à voler, du moins rien dont ils n'auraient aussitôt remarqué la disparition."
Note : 3.75/5
(s-lewerentz)
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