Revenants
(Actes Sud, 1993)
Tout comme le premier tome de la trilogie, ce roman débute à la manière
d'un roman policier: une filature dans la ville de New-York qui tourne finalement en
quête d'identité. Cette fois-ci, les personnages n'ont pas de nom. L'auteur les
appelle tout simplement Bleu, Noir et Blanc.
Embauché par Blanc, le détective privé Bleu doit filer Noir sans savoir de
quoi il en retourne. Noir ne fait rien de ses journées. Il écrit. Noir file-t-il
Bleu? Qui est Blanc? Qui est Bleu? Paul Auster? Quinn? Blanc existe-t-il vraiment?
Autant dans le premier roman, l'auteur s'amusait à interchanger les noms propres
(prénoms et noms de famille), autant dans celui-ci, ils ne les évoquent pas du
tout. Dans le premier tome, Quinn avait son vrai nom, son pseudonyme d'écrivain et
prenait aussi le nom de Paul Auster. Peter Stillman, pour sa part, disait toujours qu'il ne
s'agissait pas de son véritable nom et le père Stillman s'était lui aussi
inventé une seconde identité, celle de Henry Dark pour faire passer des idées qui,
autrement, auraient été fort critiquées.
Aussi, à la fin de la "Cité de verre", nous apprenons que le narrateur n'est
pas Paul Auster. Ce n'est donc pas lui qui a tout manigancé. Mais qui est-ce? Qui a
récupéré le fameux cahier rouge de Quinn? Manifestement l'affaire Stillman
était un coup monté, mais un coup monté par qui?
Dans "Revenants", il s'agit encore une fois d'un coup monté. Le narrateur nous apprend
que le manuscrit qu'écrivait Noir racontait la vie de Bleu (Noir filait donc Bleu) et
qu'il aime bien penser que Bleu est maintenant sur un bateau. En passant les
références à la mer, aux bateaux et à Chistophe Colomb finissent
par nous confondre tout au long des trois romans!
Mon intérêt dans ce roman a surtout consisté à tenter de
découvrir qui était qui par rapport au premier roman. À la fin, je me suis
dit que je n'étais probablement pas bête, qu'il me manquait des
éléments et que je finirais par comprendre la logique de tout ce cirque dans
le troisième tome.
note: 3.5/5
(Lafillasse)
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Je ne sais pas trop comment décrire mes impressions par rapport à ce
deuxième volume de la trilogie. Je n'ai pas complètement détesté
mais de là à dire que j'ai aimé, il y a une marge. En fait j'ai aimé
par bouts seulement.
Des éléments m'ont beaucoup agacée. Tout d'abord le fait de nommer les
personnage par des noms de couleur m'a dérangée dans la première moitié
du livre. Je n'étais jamais certaine de savoir qui était qui. La fin m'a aussi
beaucoup déçue et pour être honnête, je n'ai pas trop compris. J'ai
donc gardé un goût amer du roman, l'impression d'avoir lu ces 90 pages pour rien
puisque que je n'ai pas vraiment su où l'auteur voulait en venir. J'espère que
le troisième tome éclairera ma lanterne!
note: 3/5
(Frisette)
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Monsieur Bleu est un détective privé chargé d'observer tous les faits et
gestes de Monsieur Noir, à la demande de Monsieur Blanc qu'il ne connaît que par
courrier interposé et à qui il doit remettre un rapport écrit toutes les
semaines en échange de sa paye hebdomadaire. Il va habiter un studio situé
en face de l'appartement de Monsieur Noir, dans Orange Street, à New York...
Un petit roman ou une grande nouvelle, qui se lit vite, et qui soulève encore le thème
de l'identité, de la ville où au milieu de la foule chacun est solitaire, où
pourtant on a besoin d'autrui, du regard d'autrui pour vivre.
C'est toujours aussi prenant,
mais je me pose finalement plein de questions, peut-être une révélation
dans la troisième partie?
Note : 3.5/5
(Chantal)
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Dans ce livre étrange, les personnages portent des noms de couleur. Auster
nous propose ici de suivre un détective privé embauché pour
surveiller un homme. Il n'en sait pas plus, ni quelles sont les raisons de cette
observation. Il finit par disparaître de la circulation. Son travail est
mortellement ennuyeux et Bleu en finit par se demander si tout cela a un sens ou
s'il n'est pas le dindon de la farce.
C'est un livre qui demande au lecteur de s'accrocher car l'intrigue assez plate
peut rebuter. Pourtant, quand Bleu commence à émettre des
hypothèses sur son rôle, puis quand la situation s'éclaire, on
ne peut s'empêcher de penser qu'Auster a fait très fort et que
l'intrigue est menée de main de maître. Il s'agit, au fond, d'une
interrogation sur ce que nous sommes : de simples revenants? Des individus qui ont
perdu le sens de leur vie dans cette ville sans âme qu'est New York? Des
reflets? Tout comme "Cité de verre", ce second volume de la Trilogie
New Yorkaise est passablement désespéré; il inclut même
une dimension tragique. Cependant, il nous oblige à réfléchir,
à regarder la vie sous un autre angle. Ainsi, ce livre fournit
matière à penser mais il n'en reste pas moins très
déconcertant!
Note : 4/5
(Flo)
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L'histoire tout d'abord : Bleu est chargé par Blanc d'enquêter sur la
vie privée de Noir. Pour cela, Bleu bénéficie d'un petit
appartement dans Orange Street. Dans cette enquête, il commencera par
appliquer les méthodes que lui a enseignées Brun, avant de douter du
fondement même de l'enquête.
Beaucoup de couleurs dans cette histoire, ça promet un sacré
mélange. Cela a-t-il été prévu pour
"dépersonnaliser" les protagonistes?
L'histoire se tient principalement à huis-clos, on attend, on guette avec
Bleu, qui se demande de plus en plus ce qu'il fait là. Et si c'était
lui la vraie victime? Lui s'enferme, suffoque, perd même ce qui lui
était le plus cher, sa future femme. Et tout cela pour suivre Noir, qui
mène une vie tout ce qu'il y a de plus rangée.
Voilà ce qui ressort de cette lecture : c'est oppressant. Le pauvre
détective agonise et l'on se croit dans The Truman Show de Peter Weir : qui
est l'observateur, qui est observé? En bref, même s'il fait se poser
des questions sur nous-mêmes, ce deuxième volet de la trilogie
new-yorkaise ne m'a guère emballée; trop d'attente et de
questionnements pour un final bien prévisible.
Note : 2,5/5
(SphinxCoco)
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Il y a beaucoup de couleur dans les noms des personnages. Même une rue se
colore Orange. C'est une trouvaille à le poème de
Rimbaud "A noir, E blanc, I rouge, U vert, O bleu: voyelles" Il y a en plus Brun,
Doré, Lerouge, Le Gris, Rose. Seulement, cela ne rend pas la lecture
agréable. En plus, le récit ne prend pas. Je me suis trouvé un
peu dans la position de Bleu, lisant Thoreau: "Dans le troisième chapitre il
tombe sur une phrase qui lui dit enfin quelque chose: "Les livres doivent être lus
avec autant de considération et de réserve qu'on a mis à les
écrire"." La première phrase un peu intéressante dans
"Revenants" était sur la personne Noir: tant que rien n'est connu de Noir,
tout est imaginable et cette personne se présente comme un manque, un trou
noir pour le détective Bleu pour lequel toutes les suppositions sur Noir
deviennent possibles. Pour à la fin découvrir que Noir est
également détective espionnant Bleu, qui du coup a une peur bleue et
agit en conséquence.
Comme prolongement de la "Cité de Verre", c'est décevant. Même
la part d'une philosophie du mot et du langage y est plus pauvre que dans le tome
I.
Note : 2/5
(Gallomaniac)
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