La noce d'Anna
(Gallimard, 2005, 147 pages)
Ce roman me parle d'un bout à l'autre, c'est tout moi! Sonia, quarante-deux
ans, marie sa fille Anna. Au cours de cette journée, Sonia va vivre des
souvenirs autour de sa relation avec sa fille, comprenant la rencontre avec le
père d'Anna, la vie en France, loin de son île natale qu'est l'Ile
Maurice, son travail d'écrivain, mais surtout les antagonismes
émergeant entre une maman fantasque et insouciante contre une fille plus
rangée, studieuse et consciencieuse. Anna et Sonia sont deux opposées,
elles ont grandi à deux et aujourd'hui le noyau s'ouvre pour un autre, un
lendemain et un ailleurs qui donne le frisson.
Pourquoi j'ai tout personnellement aimé ce roman? Car je me suis sentie
toute concernée par ce portrait de maman, qui regarde sa fille et s'en
souvient comme si c'était hier. Se rappelant l'enfant blonde et rieuse
devenir plus modérée, Sonia se demande pourquoi sa fille finalement
lui ressemble si peu. Il y a au fond d'elle une envie de bousculer son enfant, de
vouloir la placer dans un autre cadre, plus semblable à ses idéaux.
Se marier en rouge, les cheveux au vent, un hibiscus derrière l'oreille, les
pieds nus... pourquoi pas? Mais Anna, elle, trouve ça "ridicule". Etre
mère et le devenir, ce roman pose toutes les questions délicates.
Etre fille, assumer sa propre identité, couper le cordon, c'est une autre
problématique. "La noce d'Anna" m'a renvoyé un portrait de maman que
je risque d'être, de devenir... Ma fille n'a que cinq ans, moi à
peine trente ans, et pourtant... J'étais dans la peau de Sonia, je me voyais
aussi plongée dans cette noce, regardant ma fille poudrée de blanc,
les lèvres rouge carmin, la trouvant belle mais si loin de moi... Je me suis
plongée dans ce livre avec un vrai bonheur, j'ai purement et simplement
aimé. Et l'auteur, Nathacha Appanah, m'a bluffée d'avoir
dessiné une femme de quarante ans avec cette sérénité,
cette maturité déconcertante car elle-même n'a que trente-deux
ans! La journée apporte à Sonia beaucoup de réponses à
toutes ses questions, la berce à force d'introspection et de regards vers un
passé libérateur.
Je n'ai plus de mots pour évoquer mon enthousiasme, déjà fort
éloquent avec "Blue Bay Palace", son
deuxième roman. Tout bonnement, j'ai adoré.
Note : 5/5
(Clarabel)
**********
C'est bientôt le mariage d'Anna, et Sonia, sa mère se met à
penser à différents moments de sa vie : sa rencontre avec le
père d'Anna, des moments plus ou moins complices avec sa fille, etc... Sonia
est différente de sa fille. Elle est écrivain et journaliste pour un
magazine féminin. Elle est souvent dans son monde, fantaisiste, alors
qu'Anna est plus calme, plus posée, et Sonia se demande parfois qui est la
mère et qui est la fille.
Ce livre a eu un impact sur moi auquel je ne m'attendais absolument pas. Cette
femme, Sonia, a la quarantaine, elle a une fille et elle pense à son
passé avec, parfois, du regret, le regret d'avoir agit d'une façon
plutôt que d'une autre. Pas possible de ne pas s'identifier à cette
femme, peu importe l'âge qu'on a, qui se pose des questions sur sa vie, des
questions que tout le monde se pose, que je me pose, comme la peur de passer
à côté de quelque chose dans la vie, de ne pas en profiter
pleinement. Ce livre fait réfléchir, en tout cas, il m'a fait
réfléchir, et c'est parfois déroutant de se voir certaines
ressemblances avec Sonia, mais ça m'a plu. Un bon livre.
Note : 4,25/5
(Van)
**********
Anna va se marier, sa maman revient sur son passé, son rôle de
mère, sa vie de femme...
Comme elle est attachante Sonia! Pleine d'imperfections, elle se remet tout le
temps en cause, se sent décalée, elle n'a que son amour pour sa
fille! L'histoire d'une maman atypique, toujours à la recherche de sa vie,
elle aime trop, son amour la pousse à se sacrifier pour les autres, à
chaque fois... Elle devra attendre la quarantaine pour s'exorciser de son
passé et se mettre à vivre...
Note : 4/5
(Doriane)
|