Blue Bay Palace
(Gallimard, 2003, 96 pages)
Quel enchantement ce petit roman de Nathacha Appanah-Mouriquand: il vous
ensorcelle de cette bouleversante magie exotique et fatalement
passionnelle. Pourquoi avoir été si longtemps sourde aux
sirènes de "Blue Bay Palace"? cet appel d'un monde inconnu,
lointain mais envoûtant.
Car l'action de "Blue Bay Palace" se passe dans "un pays né du
crachat brûlant d'un volcan et dont le profil a été
dessiné par les tempêtes et le soleil cardinal", un endroit qui
n'est pas nommé, où règne une civilisation indienne,
divisée par les castes, celles des riches et des pauvres, celles des
touristes et des "indigènes".
Blue Bay, c'est là où habite Maya, une jeune beauté de
dix-neuf ans, qui appartient à la partie presque miséreuse du
pays. Mais Maya travaille au Palace pour touristes fortunés, elle
est hôtesse d'accueil et surtout, elle est amoureuse de Dave, patron
d'un des restaurants du Blue Bay Palace. Elle n'a que seize ans
lorsqu'elle le rencontre pour la première fois, qu'elle cligne des
yeux en le voyant, éblouie par le soleil et par la beauté du
jeune homme. Tous deux vont s'aimer pendant deux ans, en secret. Car Dave
doit épouser une autre fille, une jolie héritière de la
même caste du garçon. Et c'est un entrefilet dans le journal
local qui annonce à Maya l'horrible nouvelle.
L'histoire de Maya tombe dans le chaos: poignardée au plus profond
d'elle-même, blessée et malheureuse, elle ne va pas remonter
à la surface. Les eaux de la jalousie et de la rancune vont
l'engloutir et c'est cette "autre" qui sera sa cible. Elle qui lui a tout
pris: son amour, une grande et belle maison toute blanche
suréquipée, avec voiture, chauffeur, jardinier, etc. Bien
entendu son amant aussi va payer, finalement ce n'était pas cette
solaire créature qu'elle croyait avoir rencontré.
Maya souhaitait quitter son pays, partir en Angleterre, devenir
fonctionnaire et travailler dans un bureau climatisé, bref
échapper à cette existence, "fuir ces murs, ce village, ce
pays où les horizons se resserrent, cette mer-prison, ces chemins
tortueux, ce manque d'air, cette absence d'espace". Rejoindre une
contrée où "il ne faut pas se marier selon les règles" et
où "on peut aimer qui on veut".
La fatalité va agripper la jeune fille car "contre le malheur qui
pousse et repousse encore au même endroit, il n'y a que le poison qui
est efficace. Il faut l'éliminer à la racine."
Maya est attachante, bouleversante et son histoire nous emporte loin,
très loin. C'est beau, très bien écrit, poétique
et tragique, d'une violence passionnée et sous l'emprise d'une telle
passion, que ne serait-on capable de commettre? l'irréparable,
certes.
Absolument irrésistible, "Blue Bay Palace" est un magnifique voyage
sur une terre inconnue, dictée par des codes qui immanquablement
brisent des coeurs, des familles et des rêves.
Note : 5/5
(Clarabel)
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Après la merveilleuse critique de Clarabel je brûlais
d'impatience de lire ce livre, mais sans doute comme à chaque fois
que l'on a trop d'attentes envers quelque chose, on est un peu
déçu...
Je ne nie pas le talent de Nathacha Appanah-Mouriqaund, mais justement
l'histoire de ce livre me dérange. Je la comprends intimement et me
met en état d'empathie, et je déteste!
C'est efficace, c'est triste et désolant. Ça fait mal, et
décidemment je n'aime pas du tout ça...
Note : 3.5/5
(Cuné)
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Entre mer et soleil, images immaculées pour touristes et venelles crasseuses
pour indigènes, entre raison et folie, Maya, dix-neuf ans, poursuit l'amour.
Elle vit à Blue Bay, village pauvre bordé d'un côté par
l'océan et de l'autre par un hôtel de grand luxe. Quand son amour lui
échappera, elle ira au bout de son coeur, de son corps et de son pays.
Cette lecture me laisse un sentiment mitigé. Par moment, l'écriture
et les sentiments exprimés me semblaient pleins de justesse pour
m'apparaître stéréotypés deux lignes plus loin. La narratrice
est à la fois très fleur bleue et pleine d'amertume et de violence.
L'histoire est dérangeante et franchement bizarre. Je n'ai pas vraiment
accroché sans avoir détesté non plus mais si le roman avait
été plus long, je l'aurais abandonné en cours de route. De
plus, l'intrigue est trop prévisible pour tenir le lecteur. Un coup dans
l'eau...
Note : 2.75/5
(Flo)
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