Récits d'un pèlerin russe
(Seuil/poche, 1999, 192 pages)
J'ai lu il y a plus d'une dizaine d'années un article présentant ce livre,
à l'époque introuvable, Récits d'un pèlerin russe. dont
l'auteur est inconnu.
Il y était dit que ce livre était indispensable pour qui voulait essayer
de comprendre "l'âme" et la littérature russe: Gogol, Tolstoï,
Dostoïevski...
Moi, évidemment quand c'est introuvable, ça m'intéresse.
Je l'ai trouvé sans le chercher, sur internet (plus du tout introuvable
actuellement semble-t-il!). Je l'ai reçu il y a trois jours, et je viens de le lire
dans la journée. Pas du tout, mais alors pas du tout ce que je pensais!
Il s'agit bien d'un voyage, mais surtout d'un voyage spirituel, au coeur de la
pensée religieuse orthodoxe russe, dans les années 1870.
Pas du tout mon truc!
Je me suis forcé pendant les 40 premières pages, puis peu à peu le
récit a commencé à m'intéresser, et puis je suis arrivée
au bout en regrettant que ce soit déjà fini!
Moralité: vous allez à la bibli demain, vous prenez un livre au hasard,
celui qui a une couverture atroce, dont le titre ne vous inspire pas, et c'est pas
impossible de tomber sur une oeuvre magnifique!
Note : 4/5
(Nimbus)
**********
J'ai lu Récits d'un pèlerin russe sans doute 10 fois. Ce livre me fut conseillé
par Jacques Lacretelle dans son magnifique livre La Grèce que j'aime (ed. Plon,
je crois).
Il y était question de la prière intérieure qui est une pratique mystique
orthodoxe connue en Grèce et en Russie. J'ai l'impression sublime d'être
très près de Dieu quand je lis ce livre.
(Robert)
**********
Publié pour la première fois en Russie vers 1870, ce petit livre,
dont l'auteur est resté anonyme, représente l'un des plus beaux
textes spirituels de l'orthodoxie russe.
A travers un style qui garde le charme du langage populaire, le lecteur
découvre la piété russe, dans ce qu'elle a de frais et de pur.
Des épisodes nombreux et colorés le mettent au contact direct de la
Russie ancienne, celle qui a inspiré les grands écrivains du XIXe
siècle. Il rencontre enfin dans "les Récits d'un pèlerin" une
tradition contemplative remontant aux premiers siècles de l'Orient
chrétien, appliquée par un contemporain de Dostoïevski et de
Tolstoï.
La traduction a su garder la fraîcheur de l'original. Une introduction et des
notes donnent les commentaires nécessaires à une bonne
compréhension du texte.
Au-delà du texte de présentation, ce petit livre (184 pages) est une
plongée dans la campagne russe de ce siècle. On suit les rencontres
de ce pèlerin marqué par le destin et qui tente de donner un sens
à sa vie par la prière dite "intérieure et perpétuelle".
Un sorte de psalmodie qui n'est pas sans rappeler les murmures des moines zen.
Dans un style très épuré, l'auteur nous décrit ses
rencontres avec des vies aussi différentes que celle d'un capitaine de
l'armée alcoolique où d'un couple de croyants tenant un dispensaire
pour déshérités. A chaque rencontre, le pèlerin parle
de sa joie d'avoir trouvé dans la contemplation de Dieu un remède
à sa tristesse et au lourd tribut qu'il a payé à la vie.
Malgré les drames de ces personnages le livre respire le bien-être et la
sérénité. C'est somme toute une belle manière de parler
du monde qui nous entoure et d'offrir calme et tendresse, car il y a une immense
tendresse chez ce pèlerin, au monde.
Un livre qui est une bouffée d'oxygène.
(Claude)
|