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Niccolo Ammaniti

Je n'ai pas peur
(Je n'ai pas peur)

Superbe roman, qui nous conte l'été des neuf ans de Michele, sous une chaleur écrasante, dans le petit hameau d'Acqua Traverse, au Sud de l'Italie, en 1978.

Même s'il n'est composé que de quatre maisons, ce hameau est le lieu de rencontre d'une troupe d'enfants, avec ses rivalités, ses jeux de pouvoir et ses codes. Suite à un pari entre les gamins, qui jouent à se faire peur et ont décidé d'espionner un voisin isolé qui jetterait des chiens à ses féroces cochons, ils découvrent une maison abandonnée dans une faille, et mettent Michele au défi de la traverser. Celui-ci, y découvre dans la cour, à l'insu de tous, un trou où gît un enfant de son âge, nu et enchaîné. Terrorisé, Michele le croit mort, et garde le secret. Mais une visite nocturne va lui permettre de faire connaissance avec le jeune captif. Pourquoi tient-il des propos incohérents, que fait-il là, et à cause de qui?

Michele, qui n'a jusque là été confronté qu'à ses peurs d'enfants va découvrir peu à peu la dureté et les horreurs d'une réalité qu'il ne sait pas maîtriser.

Très beau récit, l'auteur parvient à merveille à nous faire entrer dans la peau d'un gamin de neuf ans, avec son imaginaire, ses difficultés à se faire prendre au sérieux, sa conscience morale qui s'éveille, car il se sent responsable du petit otage. On voit au travers de ses yeux d'enfants tous les monstres qui le guettent. La noirceur et le malaise planent tout au long du récit, qui m'a cependant déçu dans son issue, parce qu'à mon sens, il n'y a pas de véritable fin. Et ce genre d'histoire le mérite.

Note : 4.5/5
(Nirvana)
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Quelle fin! Un brin attendue, peut-être, mais tout de même une fameuse gifle. Tout au long du récit, je me suis attachée à ce petit garçon quelque peu désobéissant, partagé entre les réflexions d'adultes et son monde enfantin. Ce n'est pas un gamin parfait, il est curieux, il a ses craintes de petit et ses faux airs de grand... un vrai beau personnage que Ammaniti a dessiné là.

Et puis il y a l'horreur, la découverte d'un univers qui s'écroule, d'une confiance qui jamais plus ne pourra exister. L'auteur ne se perd pas dans des détails sordides, il maîtrise cet art qui consiste à dire tout en très peu de mots; c'est sans aucun doute un des points forts de ce roman, ce côté "droit au but" qui fait mal. Parce que la douleur est là, grandissante, jusqu'au bout. On se met à la place de cet enfant qui lutte intérieurement contre toutes sortes de démons, on voudrait que les choses changent, que rien ne se soit passé... mais non, tout est là.

J'ai aussi apprécié la misère humaine et sociale telle que Niccolo Ammaniti la décrit, par le prisme d'un village perdu et d'habitants aigris, désoeuvrés, vivant avec le sentiment d'être les oubliés de la vie.

Un très beau roman que je ne peux que conseiller. L'écriture est fluide et agréable.

Note : 4.5/5
(Sahkti)









Niccolò Ammaniti est né à Rome en 1966. Il a publié, entre autres, "Branchies"(1994), "Dernier Réveillon" (1997)."Et je t'emmène" (Grasset, 2001). Il a obtenu, pour "Je n'ai pas peur", le Prix Viareggio, un des plus grands prix littéraires en Italie.



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