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Nelson Algren

L'homme au bras d'or
(Gallimard/Folio, 1956, 534 pages)

C'est un roman social, Nelson Algren décrit très minitieusement les us et coutumes d'un groupe d'immigrants polonais à la fin des années 40 à Chicago. Ces gens habitent dans le même quartier, sinon dans la même rue, ils fréquentent les mêmes bars de paumés. Ce sont de petits voyous, itinérants, prostituées, drogués... Il met l'accent sur un personnage en particulier : Frankie. Un peu mieux que le reste de la bande à bien des égards mais il est accroché à l'héroïne et là Nelson Algren nous fait plonger littéralement dans le milieu des drogués et surtout comment on arrive à s'en sortir ou pas, les états de manque, la dépendance qui se fait peu à peu, les dealers... Puis pendant un certain nombre de pages on suit Frankie en prison et encore là on y est.

On se plaît à essayer de comprendre pourquoi des gens ont pu descendre aussi bas. Vous ne vous êtes jamais demandé en voyant des clochards dans la rue pourquoi eux, pourquoi pas vous? Et surtout on se pla&irc;t énormément à suivre Frankie dans les aléas de sa vie.

Un excellent roman qui nous fait découvrir une micro-société. Descriptif plutôt que d'action, le rythme est lent. Le seul point négatif c'est la traduction. C'est un langage de rue traduit en français de France alors ça ne passe pas toujours. N'empêche que c'est très stylisé et qu'on devine le talent de l'auteur pour jouer avec la langue.

C'est un témoignagne que nous laisse Nelson Algren, un témoignagne d'une époque, d'un milieu. Pour cela ce roman est précieux. Attention, la lecture en est parfois ardue mais c'est certes un incontournable pour qui s'intéresse à la société américaine et à son évolution.

Extraits :

"Car ceux qui sont le plus proches de notre coeur, ceux-là le piétinent le plus volontiers. Ce qu'elle ne pouvait obtenir par l'amour, elle cherchait à le posséder par la raillerie."

"Mais maintenant, pour la seconde fois de la semaine, il venait de prendre la dernière, la finale, la plus-jamais-d'autre-piqûre. Cette fois-ci, c'était liquidé, et pour de bon."

"S'il l'aime, qu'est-ce que c'est, quelques coups? pensa Sophie, avec un lucidé soudaine. Si un homme vous dit qu'on est à lui, qu'est-ce que c'est, quelques gifles?"

Note : 4,5/5
(Mousseline)








Un fils de l'Amérique,
L'homme au bras d'or


Nelson Algren, né en 1909 à Détroit, est mort en 1981 à Bar-Harbor dans l'État de New York. Dès son premier roman, Le matin se fait attendre, publié en 1942, il se situe dans la tradition américaine du réalisme et du déterminisme social. En 1947, il fait la rencontre de Simone de Beauvoir avec qui il va avoir une liaison. Il lui fait découvrir les bas-fonds de Chicago et de La Nouvelle-Orléans, les junkies, les défavorisés. Elle l'introduit à Saint-Germain-des-Prés où l'accueillent Boris Vian, Juliette Gréco, Raymond Queneau et Sartre. Écrivain engagé, il n'a cessé de dénoncer à travers son oeuvre, notamment dans L'homme au bras d'or, son roman le plus célèbre, la misère, la corruption, l'indifférence qui conditionnent dès l'enfance l'existence des rejetés.



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