Le livre d'Emma
(Les Éditions du Remue-ménage, 2001)
Marie-Célie Agnant est une immigrante haïtienne qui habite à
Montréal. La Dot de Sara nous l'avait révélée en 1995. Le Livre
d'Emma vient confirmer son talent. Il en fallait pour détrousser la filière de
l'Antillaise afin de dévoiler les mystères qui l'ont façonnée.
Avec son roman, elle donne une version féminine d'Amistad de Bernard Vincent.
L'auteure aborde son sujet en nous transportant dans un institut psychiatrique, où un
médecin requiert les services de Flore, une interprète chargée de lui
traduire les révélations d'Emma, une patiente antillaise accusée du
meurtre de son enfant. Petit à petit, l'interprète portera à cette
patiente de sa race une attention qui dépasse le cadre des exigences professionnelles.
Elle tentera par elle-même de découvrir ce qui a amené Emma à
commettre un infanticide.
Pour y parvenir, elle remontera la filière de sa famille jusqu'à cette
grand-mère bantoue qui fut arrachée à sa terre guinéenne sous les
yeux de sa mère affolée pour être embarquée sur un négrier
en partance pour les Antilles. Arrivée à destination, elle deviendra l'esclave
marquée au fer rouge d'un propriétaire d'une exploitation de canne à
sucre. Comme le travail des esclaves noires ne se limite pas à la récolte,
elle devra aussi participer à l'assouvissement des désirs des hommes, toutes
couleurs confondues.
Note : 4/5
(Polo)
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