La dot de Sara
(Les Éditions du Remue-ménage, 1995)
L'histoire de Marianna ressemble à l'histoire de bien des femmes haïtiennes qui
ont travaillé jour et nuit afin que leurs enfants puissent aller à l'école
et avoir ainsi une vie plus facile que celle de leur mère... le père, très
souvent, est parti depuis belle lurette. Ces enfants devenus grands partent à
l'étranger, à Montréal par exemple.
Quand ces enfants ont à leur tour des enfants ils font venir la grand-mère afin qu'elle
élève les petits-enfants et s'occupe de la maison tandis que les parents
travaillent pratiquement sept jours sur sept. Ces grand-mères ont un choc culturel immense,
elles sont enfermées avec enfants et petits-enfants dans des petits 4 pièces.
Durant des années Marianna refusait de sortir l'hiver. Et puis les petits-enfants sont
grands, les grand-mères deviennent inutiles mais certaines finissent avec le temps
à se créer un réseau social. Y'en a d'autres qui ont été mises
à la porte de chez leurs enfants, les appartements sont trop petits, et ont fini à la rue. Sinon le but ultime de toutes ces
grand-mères et de rentrer au pays, un jour...
Le sujet est très intéressant. C'est très prenant. On lit
sans s'arrêter du début à la fin. L'écriture est simple, rien de
recherché.
Par contre, l'auteure ne va pas suffisamment au fond des choses. La vie entière de Marianna
défile en moins de 200 pages, il y aurait eu matière à faire un gros roman de 600
pages, une genre de saga familiale. Sinon l'auteure aurait dû s'en tenir à une
certaine période ou à un
aspect de la vie de son héroïne.
Mais ça reste que j'ai beaucoup aimé pour les thèmes soulevés: La
vieillesse, les relations mères-filles, l'immigration et le choc culturel, les
tensions économiques
et politiques en Haïti. C'est un bon livre qui a une grande valeur sociologique.
Et comme c'est le premier livre de Marie-Célie Agnant on peut espérer
qu'avec l'expérience ses romans deviennent un peu plus corsés.
Note : 3.5/5
(Mousseline)
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