La fête interdite
(Labor/poche, 2005, 238 pages)
Les gens de Marselane attendent impatiemment la Saint-Luc, cette fête souligne la
rentrée des récoltes et pour l'occasion les saltimbanques viennent se produire
au village : acrobates, jongleurs, la femme-serpent, la femme-léopard, le
dompteur de tigres... Le dompteur d'ours, Salim, se présente au village une semaine
avant le reste de la troupe avec la belle Farah. Salim meurt subitement lors d'une représentation.
Son ours s'en prend à deux villageois qui venaient porter secours au
saltimbanque. Farah qui a passé la nuit chez son amant le forgeron voit la scène
de la fenêtre et croit à tort que les gens du village ont abattu Salim et l'ours.
Elle s'enfuit de peur de subir le même sort et pour prévenir ses compagnons.
Les artistes ne se présenteront pas à la fête et vont même maudire Marselane
et ses habitants. Les villageois sont très malheureux de la situation et chargent deux des leurs,
Alban et Lauric, de régler le malentendu avec les gitans. La route sera longue
et semée d'embûches pour Alban et Lauric...
On ne sait pas trop si l'auteur s'est basé sur un fait historique ou plutôt
s'il a tout inventé, si c'est le cas il a de l'imagination à revendre
André-Marcel Adamek. Je suis toujours heureuse de découvrir des auteurs qui savent
encore raconter une histoire. Tout est plausible mais en même temps on a
l'impression d'être dans un autre univers. Marselane semble être un nom
fictif de village (j'ai fait une recherche sur google), on n'a aucune
idée de l'époque où se situe les événements
alors tout ça ajoute au mystère.
Par moments, on n'y croit pas trop à son histoire et puis on y croit car pourquoi
pas. En fait tu ne peux pas t'empêcher d'y croire car c'est trop bien raconté
et puis il y va de quelques exagérations pour revenir dans le domaine du possible.
Bref André-Marcel Adamek se joue des lecteurs, il a dû avoir
énormément de plaisir à écrire ce roman.
L'écriture est très jolie surtout les dialogues. Je ne connais pas le parler de la Belgique mais
je crois que l'auteur emploie du vocabulaire et des tournures de phrases qui datent
et ça cadre parfaitement avec l'histoire. Absolument charmant.
"Ayant rempli les trois gobelets, elle glisse la main sous la table, frôle la cuisse
du forgeron, remonte avec lenteur vers l'aîne. Son geste se fige tout à coup quand
elle effleure les livres d'argent entassés sous le pourpoint. Trompée sur la nature
des bourses, Lydine se met à pâlir, puis à rougir comme langouste à la nage. Jamais
elle n'a senti sous ses doigts pareil armement de mâle, et si l'organe est en proportion
de la garniture, elle imagine qu'il doit atteindre à son zénith une bonne coudée
de long."
J'ai beaucoup aimé, c'est rafraîchissant, très différent de mes lectures
habituelles. Malheureusement André-Marcel Adamek semble peu connu, c'est souvent le
lot des auteurs francophones qui ne sont pas publiés par les grosses maisons d'éditions
telles que Gallimard, Le Seuil, Grasset...
En tout cas tant mieux pour moi et tant pis pour Gallimard... Une très belle
découverte, une lecture bonheur. Un auteur que je vais certainement
relire et que je vous suggère certainement parce que je sais que vous aurez
bien du plaisir à le lire.
Note : 4.25/5
(Mousseline)
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