La femme des sables
(LGF - Livre de Poche, 1992, 312 pages)
Un homme, un instituteur qui se passionne pour les insectes, prends quelques jours de congé
pour partir à la recherche d'un insecte rare dans une région sablonneuse du
Japon. Il arrive dans un village où certaines des maisons sont
situées carrément dans un trou, pour les atteindre faut descendre une échelle. L'homme demande qu'on
l'héberge pour la nuit, on le reçoit dans une de ces maisons.
Au matin alors qu'il se prépare à partir il se rends compte
que l'échelle a été enlevée, impossible de sortir
du trou. Il est entouré de montagnes de sable qui font plus de 20
mètres...
Une histoire qui me paraîssait étrange au départ mais bien vite j'ai
embarqué à deux pieds joints dans le jeu. Kôbô Abé a une
écriture très puissante. De même qu'après avoir lu
Les fourmis de Bernard Werber, je n'ai plus jamais regardé une fourmi de la
même façon qu'avant, avec La femme des sables,
le sable prends pour moi une toute autre signification, je n'irai plus jamais à la plage sans
y penser...
L'homme, évidemment, essaie de se sortir de cette situation invraisemblable et là
c'est tout à fait passionnant de le suivre dans son cheminement, peu à peu il perds ses oeillères.
J'ai vu cette histoire comme une analogie à la condition humaine.
L'histoire de cet homme entouré de montagnes de sable, qui travaille toute la nuit
à remplir de sable des chaudières pour assurer sa subsistance quotidienne
(nourriture, eau et quelques gâteries à la fin de la semaine)
est comparable à l'histoire de l'Homme dans la vie quotidienne où enfermé
dans un système capitaliste il travaille à enrichir les autres, ce qui ne
lui assure aucune liberté finalement, bien au contraire, il est prisonnier des
contraintes sociales.
Un excellent roman où l'humour et l'angoisse sont souvent au
rendez-vous. Ce n'est pas un roman difficile mais ça s'adresse
à ceux et celles qui aiment les livres qui sortent de l'ordinaire et
surtout qui aiment réfléchir sur la société et ses
fondements.
Note : 5/5
(Mousseline)
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Résumé: Un homme, collectionneur d'insectes, arrive dans un village isolé
près de la mer, un village tellement envahi par le sable que la plupart des maisons sont
au fond d'un trou qui se remplit inexorablement de sable. L'homme accepte l'hospitalité
dans l'une de ses maisons. Au cours de la nuit, il va découvrir l'étrange mode de
vie des habitants du village. Et quand, le matin venu, il s'apprête à repartir, il
découvre que l'échelle qui lui a permis de descendre au fond du trou a disparu.
L'homme est prisonnier. Sa seule obsession désormais va être: comment sortir de ce
piège?
Mon avis: C'est une histoire très étrange, peut-être l'histoire la plus
étrange que j'ai jamais lue. Il y a peu de personnages, peu d'action, un décor
minimaliste et pourtant dès les premières pages s'installe un suspense
psychologique qui nous tient en haleine jusqu'à la fin du livre. Toute l'intrigue du
roman repose sur cette question: l'homme va-t-il réussir à s'enfuir? Comment?
L'histoire est vécue au travers des yeux du "prisonnier" et le lecteur assiste aux
divers sentiments qui l'envahissent au fur et à mesure que le temps passe:
colère, révolte, impuissance, frustration, attente. Et l'homme fait preuve de
beaucoup d'ingéniosité pour sortir de son trou. Il essaie successivement la
force, la ruse, la violence, l'adresse... Et, finalement, il découvre que la liberté
n'est pas où il croyait.
Mais le personnage principal de l'histoire, c'est le sable: anatomie du sable, physiologie du
sable, psychanalyse du sable. Jamais on aura aussi bien parlé de cet
élément minéral qui devient vivant sous la plume de Kôbô
Abé. Tantôt le sable est décrit comme le meilleur ami de l'homme, et tantôt
comme son pire ennemi. Mais le sable reste un élément magique et plein de
mystères. Comme le temps qui passe.
On peut voir une multitude d'interprétations dans cette histoire de la lutte d'un homme
contre un élément. On peut y voir une métaphore de la condition humaine.
On peut y lire une interrogation sur le sens de la vie: contre quoi nous battons-nous jour
après jour et pourquoi? On peut y découvrir un négatif de notre
société de consommation: un lieu où le bonheur n'est plus lié à
ce que l'on possède ou à ce que l'on fait, mais pourquoi on le fait. On peut y
voir une cure analytique où un homme malade de sa névrose va vers sa
guérison, tout en la refusant. Et c'est ce qui fait la beauté et l'intérêt
de ce texte de se prêter à toutes les interprétations, et nous montrer que
la vraie liberté n'est souvent pas là oà nous la fantasmons.
En conclusion: une histoire qui m'a profondément marquée.
Extraits:
"Il s'était, dans sa tête, représenté et construit, d'avance, un
processus géométrique simple: la réalité s'affirmait rebelle, et,
sur quelque point qui lui échappait, en terrible désaccord avec les
prévisions de son esprit."
"La Solitude, c'est une soif qu'on ne peut apaiser; la soif d'une illusion que l'on poursuit,
et qui sans cesse se dérobe."
Note : 5/5
(Papillon)
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Les précédentes critiques réflètent tout à
fait mon état d'esprit quand je l'ai lu. Un livre formidable sur la condition
humaine dans une situation extrême et inattendue: Un homme prisonnier des
sables, l'histoire qui montre l'énorme envie de l'homme de s'enfuir
mais aussi un comportement particulier avec la femme. Ça m'a beaucoup
marqué car j'avais l'impression que le sable avait sa propre
personnalité. Beau roman sur l'emprisonnement, le travail, les
besoins humains comme la soif évoquée à un certain moment; je
l'ai vraiment ressenti...
Note : 4.75/5
(Shan_Ze)
p.s. A noter que Abé Kôbô, pour ce roman, a obtenu au Japon le Prix
Akutagawa 1962, en France le Prix du Meilleur livre étranger (1967).
De plus ce roman a été classé par l'UNESCO parmi les oeuvres
représentatives du patrimoine littéraire universel. Le cinéaste, Teshigahara,
en a tiré un film qui a été couronné au festival
de Cannes.
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